Résilience en pages

C’est moi Mélanie, j’ai 50 ans en 2025 et je suis rescapée d’un terrible accident de la circulation causant entre autres un traumatisme crânien grave, survenu le 3 janvier 2019.

Mon histoire je la connais seulement par ouï-dire, car ma mémoire visuelle a été effacée par mes lésions cérébrales. Je m’en suis sortie grâce à ma famille et mes thérapeutes.

J’ai pris conscience qu’il y a pire sur terre avec le réchauffement climatique et j’essaie d’agir pour notre futur.

Consigne : Aller sur la Lune, ce n’est pas si loin. Le voyage le plus lointain, c’est à l’intérieur de soi-même.

Anaïs Nin.

Voyage à l’intérieur de soi-même

À l’heure actuelle, on parle d’envoyer des populations vivre sur la Lune, tout comme on prend un avion pour se rendre à plus de 20 000 km sur d’autres continents. Le voyage peut durer 10 ou 15 heures, assis sur un siège, accompagné d’une centaine d’autres passagers. Si l’on réfléchit à notre vie, à nos émotions, aux solutions possibles pour résoudre des difficultés, un voyage en avion risque de ne pas suffire. Un voyage en fusée pour se rendre sur la Lune n’est donc pas si lointain, si on le compare à un voyage intérieur qui nous fera traverser l’ensemble des chemins présents dans le corps. D’abord, dans le cerveau, nos idées parcourent les neurones connectés par des synapses et se confrontent à des options possibles et imaginables qui proposent tant d’options de choix, de stratégies et d’actions qui prennent des heures à organiser et mettre en place. Une fois les idées choisies, l’information parcourt la glotte et les viscères qui impliquent des émotions positives et ou négatives qui peuvent freiner le cheminement de l’idée choisie ou la faire bifurquer dans d’autres viscères en recherche de satisfaction face à l’idée choisie. En parcourant l’intérieur de l’intestin, des crampes peuvent être ressenties et l’idée choisie peut être à nouveau remise en cause. Quand on regarde la Lune, même si elle est éloignée, on ne voit pas d’obstacle sur le parcours à suivre. Par contre, le voyage intérieur est semé d’embûches et multiplie le nombre de trajets à emprunter. Par embûches, je pense qu’on ne rencontre pas que des aléas néfastes mais on peut être amené à en rire ou à en éprouver encore plus de satisfaction avec l’émergence d’une nouvelle idée qui fait le lien avec celle choisie initialement. Tout comme le prouve cet atelier d’écriture, le voyage des mots qui passent à l’esprit et sont retranscrits sur le papier font un voyage visible sur une page comme la Lune est visible dans le ciel. Ils peuvent aussi faire un voyage d’une page à une autre lorsque l’on regarde l’horloge et qu’on s’aperçoit qu’il reste encore suffisamment de temps pour poursuivre le voyage à l’intérieur de soi. Lorsqu’on est suffisamment motivé et qu’on apprécie la réflexion sur les possibilités qui s’offrent à nous dans la vie, le voyage le plus lointain est de fait celui qui chemine à l’intérieur de soi-même. La citation d’Anaïs Nin, qui a sans doute voyagé entre la France et les Etats-Unis en parcourant les voyages dans ses trois langues courantes, doit sans doute avoir trouvé son origine dans ses parcours de pensée et au cours de ses voyages terrestres. Donc, en fait, aller sur la Lune, ce n’est pas si loin. Le voyage le plus lointain, c’est à l’intérieur de soi-même.