Résilience en pages

C’est moi Mélanie, j’ai 50 ans en 2025 et je suis rescapée d’un terrible accident de la circulation causant entre autres un traumatisme crânien grave, survenu le 3 janvier 2019.

Mon histoire je la connais seulement par ouï-dire, car ma mémoire visuelle a été effacée par mes lésions cérébrales. Je m’en suis sortie grâce à ma famille et mes thérapeutes.

J’ai pris conscience qu’il y a pire sur terre avec le réchauffement climatique et j’essaie d’agir pour notre futur.

Consigne : Écrivez une histoire qui commence par « Nous… »

Nous avons démarré notre vie de famille à Angers. Non pas pour boire le vin des pays de la Loire. Mais parce qu’à mes 18 ans, mes parents ont choisi d’aller y ouvrir un magasin d’aquariophilie. Après quelques années, nous avons décidé d’aller voir le monde. Mais avant de s’engager dans une expatriation, il fallait prouver qu’un déménagement à une centaine de kilomètres ne nous faisait pas peur. C’est chose faite. Nous nous sommes fait de nouveaux amis, nos voisins, à qui j’ai eu le malheur d’oser squatter leur allée de garage. Puis, après une année, c’était la proposition pour Moscou que nous avons évidemment acceptée après un voyage de reconnaissance. Sept ans à découvrir le pays, aujourd’hui critiqué pour la guerre déclenchée à l’Ukraine. Sept ans pour devenir parfaitement russophone et orienter Sarah vers son nouveau métier, le théâtre. Ainsi que sa langue adoptée, car maîtrisée mieux que le français. Elle est naturellement anglophone, pour une scolarité exclusivement à l’école anglaise puis américaine. Moscou n’a pas manqué d’ entraîner Pauline à la vodka et à orienter ses débuts de soirée avec un petit verre d’alcool pour l’apéritif, alors que nous ne buvons que de l’eau ou des jus de riz. Nos chemins se sont petit à petit séparés quand Pauline est rentrée en France après le baccalauréat pour démarrer ses études, puis direction l’Angleterre pour une césure d’une année à Hull et un stage en Australie. Nous avons pris la direction opposée à la France en démarrant de nouveaux projets de vie et professionnels à Manille aux Philippines. Après 4 ans à Manille, Sarah a été diplômée à l’école américaine et a tenté le concours de l’AMDA à Hong Kong pour développer sa carrière dans les arts dramatiques. A ce moment, nous avons pris la direction du Vietnam pour s’installer à Ho Chi Minh, en plus petit comité sans les enfants. Eh oui, le « nous » du départ passe progressivement de 4 à 2, mais toujours composé de 4 lettres, nous, N-O-U-S. Nous allons fêter cette union de 32 ans ce mois-ci, et malgré les déplacements à travers les continents du globe, la chute provoquée par un camion Benz sur un trottoir, ou encore les dérèglements climatiques, nous avons encore les pieds sur terre.