Résilience en pages

C’est moi Mélanie, j’ai 50 ans en 2025 et je suis rescapée d’un terrible accident de la circulation causant entre autres un traumatisme crânien grave, survenu le 3 janvier 2019.

Mon histoire je la connais seulement par ouï-dire, car ma mémoire visuelle a été effacée par mes lésions cérébrales. Je m’en suis sortie grâce à ma famille et mes thérapeutes.

J’ai pris conscience qu’il y a pire sur terre avec le réchauffement climatique et j’essaie d’agir pour notre futur.

Consigne : Imagination. Après un voyage long et fastidieux, votre personnage réel ou imaginaire prend le chemin du retour. Mais rien ne se passe comme prévu. Et lors de sa correspondance, il se retrouve coincé dans un endroit désert pendant plusieurs jours. L’auberge dans laquelle il réside, alors, n’est peuplée que du maître de maison. Que lui arrive-t-il ? 
 
L’auberge du Sahara
L’année 2028 s’annonce dans 8 jours. Et mon parcours de 20 000 km à pied à travers l’Afrique arrive bientôt à sa fin. Le voyage fut long, évidemment, je le savais d’avance, en m’engageant dans la traversée d’un continent du sud au nord, puis en faisant une boucle vers l’ouest et suivre un trajet de la forme du cerveau. Me voilà arrivée dans le dernier pays de mon périple inimaginable, où j’ai réservé la nuit dans un Airbnb à proximité de l’aéroport de Tunis. Je décide de faire le tri de mes affaires dans mon sac à dos de 15 kg et demande aux personnes, que je croise si quelque chose les intéresse. Car c’est usagé, mais cadeau. Je regarde Skyscanner pour planifier mon vol retour, mais comme je souhaite limiter au maximum la consommation de CO2, la recherche me donne le résultat : Tunis-Bruxelles avec escale de 2 jours à Barcelone. Je vérifie qu’il y a bien une chambre pour passer deux nuits sur la côte espagnole. C’est réservé. Demain, je peux reprendre mon chemin pour terminer mes 20 000 km à pieds. Le jour du départ arrive. Je fais mon checking à l’aéroport de Tunis et salue l’Afrique qui m’a accueillie pendant plus de 3 ans. Je monte dans l’avion et quelques heures après, je suis déjà en Espagne. Pendant mon parcours en Afrique, je n’ai pas eu l’occasion de réactiver les échanges en langue espagnole et il s’avère que c’est légèrement rouillé. À l’atterrissage, je n’ai même pas entendu Barcelone. Mais comme ça terminait par un A, je me suis dit qu’ils ont dû annoncer Barcelona. Au final, je donne mon passeport au contrôle de sécurité et l’agent me demande ce que je viens faire dans le désert du Sahara et où j’ai prévu de loger. Je réalise qu’il y a une erreur de correspondance et surtout qu’aucun autre vol à destination de Bruxelles n’est prévu dans deux jours. Je demande quand est planifié un vol pour la France et où je peux dormir en attendant. Le prochain vol pour Paris, dans 5 jours, est complet. Il y a un vol pour Tunis dans 7 jours. Sinon, il faudra attendre 12 jours. Mais plus de lits à l’auberge près de l’aéroport pour 12 jours. Ils peuvent m’accueillir 5 nuits seulement. Je comprends qu’il faut que je retourne à Tunis et attendre 5 jours à l’auberge du Sahara. Pendant 5 jours avec le maître de maison, je me retrouve à me disputer. Il n’accepte pas de me fournir du dentifrice ou une serviette de bain, car ce n’est pas prévu dans le service et surtout il est en rupture de stock, car il a prévu de fermer l’auberge pour la nouvelle année et ne rouvrir que dans deux semaines. Je n’avais pas imaginé qu’un long et fastidieux voyage de 20 000 kilomètres en Afrique me ferait atterrir à 20 000 lieux sous les mers, car je suis vraiment au fond du trou dans cette auberge.