Résilience en pages

C’est moi Mélanie, j’ai 50 ans en 2025 et je suis rescapée d’un terrible accident de la circulation causant entre autres un traumatisme crânien grave, survenu le 3 janvier 2019.

Mon histoire je la connais seulement par ouï-dire, car ma mémoire visuelle a été effacée par mes lésions cérébrales. Je m’en suis sortie grâce à ma famille et mes thérapeutes.

J’ai pris conscience qu’il y a pire sur terre avec le réchauffement climatique et j’essaie d’agir pour notre futur.

Consigne : Décrivez votre environnement présent et immédiat en vous servant de vos 5 sens pour expliquer où vous êtes, avec qui et dans quelle ambiance.

Je suis actuellement dans la cuisine de la Fondation Partage et Vie, au centre Auprès TC de La Bassée. Nous avons regroupé les tables pour créer un environnement convivial d’échanges, pendant l’atelier écriture. Comme l’atelier a lieu après le temps de repas des autres personnes accompagnées, qui ont participé à une activité physique adaptée dans la matinée, on entend le lave-vaisselle tourner. Je peux également entendre la respiration de Goldy qui est assis en face de moi, concentré à décrire comme moi l’environnement présent et immédiat. Nathalie intervient quelques secondes pour demander si tout le monde a bien les cinq sens en tête. Avant de démarrer mon écrit, j’ai hésité, en me demandant s’il ne faudrait pas que je note les cinq sens sur un brouillon, pour ne pas les manquer. Puis, je me suis dit que je ferais mieux de commencer avec le visuel et l’auditif, sinon je risquerais d’oublier dans deux minutes, que j’avais entendu le lave-vaisselle faire des bip-bip. En effet, une ou deux minutes suffisent à oublier ce que je prévois de faire. Ce midi, en partant, je demande quel temps il fait pour savoir, si je dois me couvrir d’une veste. Réponse de Cédric : oui, mets ta veste en jean. Et le fait d’avoir dû escalader tout le matériel du plombier dans l’entrée, j’en ai oublié ma veste et je suis partie couverte uniquement d’un léger pull. Dehors, il fait sec et ensoleillé, je peux observer le temps qu’il fait par la fenêtre, donc je ne devrais pas attraper froid. Revenons-en à nos cinq sens. Un café m’attend sur la table, je sens qu’il est à peine chaud. J’ai dû le laisser poser trop longtemps, mais à ma grande surprise, le bout de ma langue peut sentir des picotements, ce qui implique que la caféine pénètre dans ma bouche. Je ne perçois aucune odeur dans la pièce. À la lecture du texte de mes collègues, je verrai bien si mon sens olfactif me fait toujours défaut ou si c’est une sensation générale. Le maintien de mon stylo pour aligner une série de mots sur le papier me procure une sensation de bien-être, car je peux ressentir au toucher que mes doigts maintiennent correctement le stylo. Mon pouce et mon index appuient sur le bout du crayon et je ressens mon majeur retenir le bic à l’arrière pour m’assurer une praxie adaptée à l’atelier écriture. Voilà pour les quatre sens : voir, entendre, sentir, toucher – mais mon doute du démarrage est bien confirmé. Je dois m’arrêter pour réfléchir à la nature du cinquième sens. Comme l’énoncé indique qu’il faut préciser l’ambiance et que je n’ai pas évoqué, que c’est un lieu calme et apaisant, c’est sans doute une sensation, qui caractérise le cinquième sens que je n’arrive pas à retrouver. Effectivement, je me demande quel est le sens que je n’ai pas évoqué. Je liste les quatre sens et Nathalie me fait réfléchir, en me demandant ce qu’on fait avec la bouche. Spontanément, ce qui me vient à l’esprit est respirer et parler. Donc, elle me corrige en m’indiquant que c’est le sens du goût. Au final, avec mon histoire de tasse à café, que j’ai bu pendant l’atelier écriture, j’ai bien évoqué que j’avais perçu le goût de la caféine. Les autres qui n’ont pas bu de café lui demandent alors si elle a des bonbons ou des marshmallows ou un bonbon à la menthe. Mon intervention a donc créé un instant de zizanie, alors que c’était le calme complet. Il reste une dernière minute et on entend les ratures sur les tables, en signe de signature ou correction du texte du jour.